Les partitions du futur?

Pour un remplacement hier soir, j'avais une vingtaine de morceaux à apprendre, ou bien des morceaux que je connaissais, mais dans une tonalité différente.

J'allais passer la soirée à lire les relevés que j'avais fait. Mais à la suite d'un rangement de bureau, j'ai égaré quelques feuilles. Je me suis mis à les refaire, mais sous openoffice, et je me suis dit qu'avec mon petit PC sous GNU/Linux, je pourrais avoir une liseuse de partition à pas cher, du moment que je mettais tout en PDF.

Résultat: l'écran est super lisible, l'acer aspire one est a la taille parfaite pour reposer sur un porte partition classique, et la navigation dans le lecteur de pdf se fait en plein écran avec les fleches du clavier.


J'avais vu des solutions dédiées comme celle de Jordan Rudess, et je crois que certains utilisent désormais l'Ipad pour avoir leur grilles sous les yeux. Mais à 100 euros d'occasion dans un magasin de dépot vente, je crois qu'on ne peut pas battre le rapport qualité prix de ma solution avec un netbook. On est à peine au même prix qu'une bonne lampe à pupitre. Avec un peu de bricolage, je pense qu'on peut meme avoir un adaptateur qui calerait tout ça sur un pied de micro (la même solution de "pinces" qu'on utlise pour une caisse claire).
Plus de probleme de tourner de page, un geste suffit, ou de mauvais éclairage... Je crois que je ne retournerai pas au papier!

Les Gouts et les couleurs

Ça ne se discute pas ? On va quand même le faire, et essayer d'en tirer quelques règles de bon sens. Je pense qu'il existe trois cotés au fait d'apprécier de la musique.

Pour être musicien, on doit rentrer dans au moins deux de ces catégories. Si l'on rentre dans les trois, on est un « maître ». En réalité, c'est largement moins simpliste que je le présente. Cet article n'est surement pas une liste de mes guitaristes favoris, et encore moins un classement qualitatif, mais une sorte de prisme pour permettre de s'entendre sur nos différents angles d'écoute musicale...


L'oreille : Ce par quoi tout commence et qui conclu tout. Un enfant de 2 mois reconnaît une pulsation, et les bienfaits de la musique sur les malades atteint de Parkinson sont réels. Un mélomane a travaillé son écoute (et pas son oreille, qu'on a tous identiques) au point d'entendre ce que d'autres ne remarquent pas. Vous ne connaissez pas les constellations ? Cependant, vous ne doutez pas que d'autres les voient, et s'en servent pour se repérer. C'est la même chose pour la musique. Attention toutefois aux astrologues !


La théorie : en tant que musicien, on doit comprendre à certains moments ce que l'on joue. Certains peuvent analyser la musique sans forcément savoir la jouer, ni l'apprécier, comme un ethnologue peut connaître les coutumes d'une civilisation qu'il n'a jamais côtoyée.


La technique : mot un peu fourre-tout, on peut y classer le féru d'instruments rares, le collectionneur de belles choses, ou simplement le réparateur/créateur de matériel musical. La musique est là comme dans un musée, derrière des vitrines .


L'oreille : c'est pour cela qu'on en a deux, car il est deux fois plus important d'écouter que de produire en musique. Et c'est également le coté le plus long à éduquer.


A l'intersection


Orange (écoute/technique)

Un musicien qui allie le son et sa technique pour produire un discours musical nourri par ses références musicales, destiné à une écoute viscérale de l'auditeur, Leur attrait peut dont être auprès d'un public de guitaristes voulant reproduire leur son ou du grand public, cherchant l'émotion se dégageant de leur musique.. L'exemple type serait Hendrix, qui s'est lui même plaint à la fin de sa vie de ne pouvoir tout faire sortir de ce qu'il entendait par manque de théorie. (mais aussi The Edge, Jeff Beck, Mark Knopfler ou BB King)


Violet (écoute/théorie)

Ce musicien a un savoir théorique et musical conséquent. Il est limité par sa technique, mais se rattrape par son inventivité. L'exemple type serait David Gilmour, qui a toujours été freiné par ses « doigts boudinés ». Paul McCartney rentrerait également dans cette catégorie, excellent sur aucun instrument, sinon dans le fait d' écrire des chansons éternelles. (mais également Jim Hall, Andy Summers...) Ce serait la catégorie qui produit la musique la plus adaptée pour le non-instrumentiste.


Vert (technique/théorie)

Excès de testostérone ? Pressés de faire des disques ? Les exemples ne manquent pas dans cette catégories parmi les guitaristes. En effet, des monstres de la six cordes, récitant des gammes sans queue ni tête peuvent se trouver partout sur les forums de guitaristes. Leurs références musicales n'étant pas encore digérées, et étant en plein apprentissage de la maitrise de leur instrument, ils produisent des plans au kilomètre. (insérez ici votre shreddeur favori...) A réserver aux instrumentistes concernés pour l'écoute...


Au centre ?

Brian May, Steve Morse, Sylvain Luc, John McLaughlin, Al Di Meola, Joe Satriani, John Scofield, Eddie Van Halen, Jimmy Page, Eric Clapton, Steve Lukather, Ron Thal, Tom Morello, Pat Metheny... Tous des musiciens qui ont poussé les limites techniques de l'instrument, ont construit un discours musical propre, et peuvent le théoriser (pour les sceptiques, Ed Van Halen est pianiste classique et Jimmy Page faisait des séances de studios avant d'être connu). L'écoute ici a dépassé les enclaves : on diffuse du Scofield dans les matchs de NBA, Pat Metheny remplit des stades etc. Mais on retrouve également parmi leurs fans des musiciens. Par le recul qu'ils ont sur leur jeu, ces musiciens enseignent également ce qui fait la particularité de leur approche.


En tant qu'instrumentiste nous mêmes, notre écoute est à jamais colorée par ces trois cercles. Une chanson géniale sur une guitare mal accordée ? Cela risque de nous gâcher l'écoute, idem pour des tirés de cordes approximatifs (je vous aide, il joue dans un groupe de métal qui rime avec Ikea). Cependant, nous risquons d'apprécier quelque chose qui passent au dessus de l'écoute de quelqu'un qui n'a pas rempli l'un de ses cercles. Et c'est pour cela qu'un disque que l'on apprécie particulièrement peut devenir impossible à réécouter, et l'inverse est également vrai. Notre écoute, comme notre niveau de guitare, évolue, les deux s'influencent, se repoussent, se motivent. Quelle chance, une vie d'écoute à chaque fois renouvelée!

L'entrée et le milieu de gamme?

Entre une guitare à 50 euros sur internet, à 150 euros a Cash Converters (ou autre), ou à 450 euros en magasin de musique, y'a pas tant de différence que ça, du moment qu'elle est bien réglée et optimisée. Ce qui fait la différence entre la gratte à 50 euros sur internet et la Squier ou l'Epiphone dans un magasin de musique, c'est que le magasin va tout faire pour qu'elle se vende: donc si c'est pas aligné, si les cordes sont à 3 centimètres du manche, le magasin va mettre un gars sur l'affaire, quitte à refaire un sillet ou autre, à passer un coup sur le coté du manche pour limer les frettes. Et je parle même pas des guitares haut de gamme qui seront bichonnées pour être sous leur meilleur jour pour justifier leur prix.

Et point barre.

Si les grattes des Cash converters et qu'on reçoit du net sont "pourries", c'est parce qu'on leur a pas donné l'opportunité de ne pas l'être. J'ai acheté un paquet de grattes au prix de quelques jeux de cordes parce que les gars pensaient qu'elles étaient foutues (mécaniques pétées, sillet mal limé etc.) avec quelques euros et de l'huile de coude, elles se tiennent dans la cour des grattes à 450/500 euros, même au niveau du son.

Pour passer dans la "cour des grands", donc, choix de bois, processus de finition à la main, finition plus soignée etc. Faut passer largement au dessus. Donc souvent dans du US ou du MIJ donc du "terminé main" style PRS/GIbson/Fender. Ensuite, on a une autre "cour" ou le prix continue de monter, mais la qualité très peu (voire pas du tout). C'est là qu'on arrive dans du custom (lire mon article sur « la part du rêve » qui parle de cette catégorie là).


Conclusion ? Faites régler votre guitare d'entrée de gamme, ou payez la un peu plus cher dans un magasin plutôt que sur le net. Puis économisez. Quand vous vous paierez une guitare, passez directement a la gamme supérieure (et pas au milieu de gamme).

Vivre de la/sa musique?

Suite à une intervention sur les creative commons, je me suis rendu compte, par leur questions, que les amateurs musiciens rêvent encore d'exercer ce métier. Donc, d'être payé pour faire de la musique.


Il y a deux possibilités : faire SA musique. Dans les faits, c'est assez compliqué. Et à la condition que ce que vous proposez soit vraiment innovant, particulièrement populaire, que vos chansons, votre présence scénique, vos arrangements soient vraiment intéressants, et que vous vous retrouviez au bon moment au bon endroit, vous pouvez éventuellement avoir un peu de succès. Et encore, par succès, cela ne signifie pas forcément gagner des millions d'euros. Ça veut quand même dire faire des sacrifices, comme le fait de vivre sur la route, se taper des plans pas toujours bien rémunéré/dans des conditions pourries (au choix, sono/ingé son/repas/hôtel etc. pas au niveau).

L'avantage de cette vie là, c'est de vraiment faire ce que l'on aime faire, et que le pied qu'on prend quelques heures sur scène compensent les inconvénients du reste.

Dans quelques rares cas (comme le loto), notre chanson est choisie pour passer à la radio, pour faire une pub, pour un générique, et là, c'est la grosse machine de guerre qui se met en marche : en deçà d'une certaine popularité, on ne gagne presque rien, tandis qu'a partir d'un certain niveau, on commence à collecter des gros sous... Cependant, à de très rares exceptions, cela ne se fait pas automatiquement, et il faut compter sur son réseau et le soutien de « placeurs » de musique pour que l'on arrive à se mettre dans ce milieu là. En attendant que (hypothétiquement) cela arrive, il vaut mieux faire un autre métier...

Encore une fois, les musiciens pros vous parlerons de ces groupes qui avaient tout pour réussir, les chansons, le look, la présence sur scène, qui se sont défoncés en tournant des années, voire ont réussi à influencer une génération de musiciens, mais qui n'en n'ont JAMAIS vécu (regarder le film « anvil » pour vous en persuader. Ce genre de groupe est plus la norme que l'exception). Des groupes rock en France qui ont une exposition nationale sont souvent composés d'intérimaires et/ou de profs de musique, à défaut de pouvoir atteindre l'intermittence. Vous pourrez parler également à des vieux loups de mer qui sont aigris de porter leur amplis à 3 heures de mat' a l'arrière du camion. Mais qui ne se voient pas faire un autre métier.


La deuxième possibilité, faire de LA musique. En gros, tenter d'avoir la statut d'intermittent,en sachant qu'a l'époque, on pouvait, avec la saison de l'été, arriver a avoir les 507 heures (donc environ 43 cachets) sur un an. Sauf que désormais, la période, réduite à un peu plus de 300 jours, exclu que l'on puisse faire les cachets toujours à la même époque de l'année. On doit donc pouvoir travailler au moins une fois par semaine en étant déclaré. Ça peut se faire sur les beaux jours. Mais d'octobre à mars, les places sont chères pour les groupes. Beaucoup de musiciens se retrouvent donc à courir le cachet pour boucler leur dossier.

Dans ce cas là, on fait la musique que les gens commandent : communion, mariage, bar-mitzvah, évènement de Comité d'Entreprise. Le minimum est d'être particulièrement polyvalent, avec un niveau de lecture qui nous permettra d'ingérer un répertoire énorme, voire de déchiffrer à vue, en ayant le don d'être un caméléon musical, pouvant passer du jazz au métal selon le répertoire de votre formation.

Dans les faits, les places sont chères, surtout pour les guitaristes. Les plans rémunérés et déclarés sont de plus en plus rares, et seuls les gros poissons arrivent à garder la tête hors de l'eau (si l'on peut dire) en ayant tissé un réseau autour de CE, de mairies, et de boites spécialisées dans l'évènementiel. Dans le circuit du piano bar, les plans sont rarement déclarés (et sont payés au tire boulettes), et certains musiciens sont donc obligés de faire 3 concerts pour en déclarer 1 et payer les charges. Si vous ne faites que du piano bar, vous aurez donc 130 concerts à faire sur une période de 300 jours pour être intermittent. Bon courage, j'espère que votre ampli est léger.


La conclusion ? Il existe un paquet d'autres possibilités pour vivre autour de la musique. Mon conseil : devenez le meilleur musicien que vous puissiez être, tournez/faites vous connaitre au maximum, si vous êtes capable de faire les sacrifices que cela implique. Bossez votre instrument, soignez votre réseau, connaissez votre matériel. Ayez un métier. N'importe lequel, qui vous fera vivre. Mieux vaux garder sa musique comme passe temps que passer son temps à faire la musique des autres pour gagner sa vie.

La part du rêve.

S'équiper en matériel performant, adapté à nos besoins, et d'une manière particulière au milieu de la musique, qui nous fasse rêver, est primordial.

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